Les outils de Peillon pour formater les élèves

P { margin-bottom: 0.21cm; }
Vincent Peillon met en place petit à petit ses outils pour arracher les élèves au « déterminisme familial ». Le dernier en date, le 10 octobre dernier, est le Conseil Supérieur des Programmes. Auparavant, c’était la charte de la laïcité. En outre il y a la lutte contre l’homophobie et l’agrément donné à des Associations ultra-militantes pour intervenir dans des écoles.
C’est la conception même de la liberté et du rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants qui est en cause ici.

* Outre la refonte des programmes de maternelle/primaire (c’est-à-dire le détricotage des programmes de 2008 qui essayaient de mettre l’accent sur la lecture, l’écriture et le calcul),  l’autre mission principale du Conseil Sup. des Programmes est la mise sur pied deprogrammes d’enseignement moral et civique. Depuis 50 ans l’enseignement de la morale (celle qui était promue par l’Eglise à la fin du XIX° siècle et acceptée par Jules Ferry) a disparu. La substance de la nouvelle morale sera dévoilée d’ici huit mois par ce Conseil pour être discuté avec les syndicats (et on fera semblant de consulter les associations de parents d’élèves), mais on sait déjà que le nouvel enseignement, aura pour but de former des citoyens « à l’égalité »et à la« non-discrimination à raison de l’orientation sexuelle ».
Les nominations au dit Conseil indiquent ses orientations. Tout d’abord, sous une apparence de haut-fonctionnaire consensuel, son président A. Boissinot s’avère être le recteur d’Académie qui en 2004 a signé le premier agrément de l’association « SOS-homophobie » lui permettant d’intervenir dans les établissements scolaires (cet agrément a été annulé en Conseil d’Etat quatre ans plus tard). Outre deux scientifiques et un médecin servant d’alibis, les autres personnalités nommées par V. Peillon sont deux syndicalistes purs et durs et de quatre spécialistes de sciences de l’éducation et du langage, tous adeptes de l’indifférenciation sexuelle et de l’égalité des droits. Cette expression signifiant dans le jargon gouvernemental que tous les individus ont les mêmes droits : de se marier, d’adopter, d’avoir recours à une PMA, etc…

* Il faut mettre en parallèle l’élaboration de ces programmes avec le deuxième outil qu’est la chartre de la laïcité : le principal impératif inscrit est que l’on ne pourra «contester un enseignement ou manquer un cours … au nom notamment de préceptes religieux ». Ainsi, les parents n’auront pas le droit d’émettre des objections sur les enseignements expliquant la morale libertaire et sur les cours d’éducation à la sexualité (concept qui se substitue à celui d’éducation sexuelle, la sexualité devenant un exercice).

* Un troisième outil que développe Peillon est l’organisation par le Ministère de la « lutte contre l’homophobie ». L’ambiguïté du terme homophobie (qui fait l’amalgame entre le rejet des personnes homosexuelles d’une part et l’affirmation de l’altérité sexuelle comme fondement de notre vie sociale d’autre part) permettra d’autoriser des associations ultra-militantes à intervenir à l’Ecole pour faire la promotion de toutes les pratiques sexuelles possibles avec des exemples et des illustrations. Pour cela un partenariat avec les dites associations sera développé (subventions à l’appui) ainsi que le préconise le rapport Teychenné remis officiellemnet en juillet dernier au ministre. 

Que peuvent faire les parents face à cette entreprise de formatage ?

 Dans l’Ecole publique, les groupes de parents pourront essayer de faire valoir leur droit à l’objection de conscience, mais le combat sera très dur vus les réflexes laïcistes de ce milieu. Dans l’Ecole privée sous contrat, le risque de discorde est grand. Certains enseignants à la suite d’inspections destinées à vérifier le respect des programmes, pourront être tentés de se faire les propagandistes de la morale d’Etat ; la cohésion de tous les acteurs de l’Ecole Catholique sera alors nécessaire et il faudra arguer du caractère propre de ces écoles afin de s’opposer à ces programmes imposés par le ministre grâce à tout un arsenal juridique contraignant. Il ne faut être naïf sur d’éventuels compromis portant sur le respect des valeurs de liberté et d’égalité. Leur égalité est un égalitarisme sectaire. Et pour ce gouvernement pétris d’idéologie libertaire, le but est « d’arracher les enfants aux déterminismes sociaux et religieux et d’en faire des citoyens libres » (cf. C. Taubira, le 3 février). 
C’est la conception même de la liberté et du rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants qui est en cause ici. En fait, la liberté des enfants de Dieu est ce sur quoi nous nous fondons pour parler haut et fort de notre Espérance et pour communiquer celle-ci à nos enfants.  
 
Rémi Sentis
(Tribune publiée dans l’hebdomadaire « Valeurs Actuelles » du 14 novembre 2013)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s