Vers une remise en cause de l’accouchement sous X.

Dominique Bertinotti envisagerait la possibilité de mettre fin à cette procédure. Où est le bon sens ?
Lors d’un déplacement le 16 janvier 2014 à Nantes, elle a avancé « l’idée que l’identité de la mère pourrait être systématiquement demandée et transmise à l’enfant à sa majorité à partir du moment où il en ferait la demande » (la presse). Elle dit ne pas vouloir remettre en cause la procédure actuelle ; mais si on oblige la femme à donner son identité cela signifie que l’on renonce à son anonymat.
Visiblement, Madame le ministre n’a pas pu écouter les personnes qui ont été réellement en contact avec des femmes demandant à accoucher sous X. En effet, la plupart d’entre elles ne veulent surtout pas dévoiler leur identité de peur de devoir récupérer le bébé qu’elle save ne pas pouvoir élever.
Rappelons l’avis de l’Académie de médecine du 8 mars 2011 :Une « remise en cause de l’anonymat serait lourde de conséquences en
compromettant la confiance des femmes en grande difficulté, leur faisant fuir les maternités et les services sociaux avec les risques que cela comporte pour les mères, les nourrissons et les enfants ». Cela conduirait à augmenter le nombre d’accouchements faits « dans la clandestinité dans les pires conditions, avec les risques de déchirures graves du périnée, d’hémorragies … [auxquels] succèdent des abandons dans des lieux variés et des conditions précaires [avec des] enfants recueillis dans un état d’hypothermie »

La femme qui ne veut pas établir de filiation peut cependant laisser son identité sous pli cacheté. L’enfant pourra alors à sa demander demander s’il y a des informations sur sa mère biologique et éventuellement demander de rentrer en contact avec elle.

 

Il faut savoir que dans les pays où l’accouchement sous X n’existe pas officiellement (comme l’Allemagne), des « boites à bébé » sont mises en place près des maternités. Selon les régions et les maternités, celles-ci sont plus ou moins « confortables » et les risques plus ou moins grands pour la santé de la mère et de l’enfant.

Supprimer l’accouchement sous X serait un très mauvais signal à envoyer à de pauvres filles souvent complètement perdues et paniquées à l’arrivée d’un bébé vis-à-vis duquel elles ne sentent absolument pas mères.

 

Sur ce dossier très sensible, il n’est impossible que ce soit le groupe de réflexion mis en place en octobre par la ministre qui milite pour cette demande de suppression de l’anonymat ; sentant le dossier miné, Bertinotti retarderait la présentation des conclusions de ces rapports. On sent ici l’influence d’une idéologie prégnante selon laquelle un avortement serait préférable à l’accouchement sous X.

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