Education à la sexualité, un masque tombe

(Tribune publiée dans l’hebdomadaire Valeurs Actuelles du 1 janvier) Un masque est tombé avec le vote de la résolution parlementaire du 26 novembre, dictée par le Planning Familial : celui de l’éducation à la sexualité. On a découvert ce que signifiait cette expression dans l’esprit des membres de la majorité et de la Ministre de l’Education qui a apporté tout son soutien à ce texte. Celui-ci rappelle « le droit universel des femmes à disposer librement de leur corps …; affirme le rôle majeur de la prévention, et de l’éducation à la sexualité, en direction des jeunes ; affirme la nécessité de garantir l’accès … à une contraception adaptée et à l’avortement sûr et légal ».

Les militants du Planning, désarçonnées par la constatation de la pénurie de centres d’avortement disponibles en été, pensaient régler le problème en promulguant un « droit à disposer librement de son corps » (sans imaginer que cette pénurie puisse être la conséquence de la lassitude des médecins vis-à-vis d’une pratique routinière peu valorisante). Ainsi dans le même paragraphe ils promeuvent une éducation à la sexualité (se cachant aussi sous les habits de la prévention) et l’accès à la contraception et l’avortement. L’éducation à la sexualité consisterait désormais à présenter aux jeunes l’avortement comme étant un prolongement de la contraception et un acte banal puisqu’il découle du « droit à disposer librement de son corps ». Considérer ce slogan simpliste comme un élément éducatif est symptomatique du délabrement intellectuel de la majorité et de l’Administration !

Bien sûr, l’éducation à la sexualité que le Ministère veut imposer n’a aucun rapport avec l’éducation affective et sexuelle où, selon la tradition judéo-chrétienne, il est suggéré aux enfants que l’union sexuelle correspond à un double don de soi, ouvert à la transcendance.

Si ce texte typique de la « barbarie démocratique » – selon les justes mots de l’évêque de Nanterre – était réellement pris comme référence à l’Ecole, on tournerait le dos à la conception ouverte de Jules Ferry qui demandait à ses instituteurs de respecter dans leurs cours « l’antique morale de nos pères » et on saperait le reste de confiance subsistant encore entre l’Ecole et les parents.

La dérive législative à laquelle nous assistons est d’autant plus préoccupante qu’elle s’ajoute à l’introduction du nouvel « enseignement moral et civique » que va bientôt imposer le Ministère et dans lequel les notions de bien et de mal auront disparu au profit d’un simple respect des textes législatifs, de la tolérance et de la lutte contre l’homophobie. La vertu cardinale sera l’égalité des droits, une caricature de la légitime égalité en droits, ainsi que cela est soulignée dans un document « homme et femme, condition sexuée » (voir sur notre site)

Le remplacement de l’antique morale de nos pères par la nouvelle morale de l’Administration va couper la France en deux. En vertu du caractère propre dont il bénéficie, l’Enseignement catholique va pouvoir choisir la première voie. Mais que va-t-il arriver dans le reste du monde éducatif ? Faudra-t-il laisser l’Administration « s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités » et autoriser le formatage des jeunes élèves pour faire advenir de nouveaux « droits universels » ?                     Rémi Sentis.

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