Valeurs des élites ou valeurs communes ?

Que faire face au manque de  projet collectif.

« Panne de la transmission des valeurs communes, silence des élites devant les déviances des mœurs et légalisation des déviances », par ces mots le cardinal Vingt-Trois s’interrogeait sur notre absence de projet collectif et sur notre communautarisme. C’était devant le peuple parisien et les principales personnalités politiques rassemblés à Notre-Dame de Paris en cette fin juillet, au moment où pour la première fois depuis 140 ans le martyre frappait le sol de France. Il précisait « Quand une société est démunie d’un projet collectif, à la fois digne de mobiliser les énergies communes et capable de motiver des renoncements particuliers pour servir une cause et arracher chacun à ses intérêts propres, elle se réduit à un consortium d’intérêts dans lequel chaque faction vient faire prévaloir ses appétits et ses ambitions ». Dans la même ligne, il pointait du doigt la vacuité du discours sur les « valeurs » qui sont évoquées « comme une sorte de talisman » et que personne ne veut expliciter.

Il est clair que les dites « valeurs » ne sont pas celles qui ont été transmises par nos parents et les générations précédentes mais plutôt celles que les « élites » nous imposent par l’intermédiaire des médias et qui sont à leur convenance. Par exemple le fameux « vivre-ensemble » dont personne ne sait ce qu’il signifie ; la « laïcité à la française » conçue par certains comme une interdiction faite aux religions – et surtout à la religion majoritaire – de prendre part au débat public ; la curieuse « égalité des droits » qui est visiblement sans rapport avec une égalité des citoyens devant la loi ; la très commode « lutte contre les discriminations » qui permet de justifier tous les « droits à ceci, à cela» ; la banale injonction faite aux jeunes de « sortir couvert », etc.
L’absence de projet collectif et de vraies valeurs entraînent des replis communautaristes, des peurs, des consortiums pour faire aboutir des « droits à» et finalement une exacerbation de l’individualisme favorisant les déviances dans le domaine des mœurs.

C’est sans surprise qu’une certaine presse et Daniel Keller, grand maître du Grand Orient, ont vertement critiqué la vision trop clairvoyante du cardinal. En effet, on discerne sans difficulté quelques déviances dans le paysage actuel :
– La banalisation de l’avortement et sa promotion par le gouvernement (dernier exemple en date, la récente suppression du délai de réflexion avant l’IVG).
– La déconstruction de l’institution du mariage que la loi Taubira instaure (et que l’on poursuit en voulant instaurer un divorce sans juge transformant le mariage en un vulgaire contrat).
– La tentative de banalisation de la PMA pour les femmes célibataires ou lesbiennes lorsque la ministre « des familles » veut autoriser les médecins de préparer ces femmes pour une PMA en Belgique ou ailleurs.
– La volonté des juges d’obliger la France à retranscrire sur ses actes d’État Civil les naissances obtenues par GPA à l’étranger (voir la décision de la Cour de Cassation de juin 2015 et la décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme du 20 juillet 2016 contre laquelle le gouvernement n’a toujours pas fait appel) ; ce qui revient à tolérer les procédures esclavagistes liées à la GPA.

On pourrait encore poursuivre avec les projets dans les cartons de la future loi APIE et l’éventuelle création d’un statut du beau-parent (celui-ci pourrait recevoir la responsabilité éducative de l’enfant en cas de déces de la mère et être préféré aux grands-parents)
Les élites ne se privent pas, concernant les questions sociétales, d’utiliser toutes les arguties juridiques pour promouvoir leur vision ; elles veulent ainsi imposer un « droit à un enfant parfait » (cf. l’arrêt Perruche rendu par la Cour de Cassation en 2000, tellement outrancier qu’une loi a été votée en 2002 par le Parlement pour le supprimer), un droit « à l’avortement », un droit « au mariage », un droit « au suicide assisté » et tentent d’acclimater les esprits à un futur « droit à l’enfant ».
Il est temps de redonner à la France un projet collectif qui ne peut être que dans la ligne de la « morale de nos pères » (selon l’expression de Jules Ferry) : dignité de la personne humaine, préservation de toute vie humaine, fraternité, soutien à la famille.
Outre la nécessaire séparation entre « ce qui est à Dieu » et « ce qui est César », l’Église a son mot à dire sur la chose publique (n’en déplaise à Monsieur Keller). Elle rappelle depuis plusieurs siècles que le politique est ordonné au bien commun et qu’il n’est pas sa propre norme ; que le politique ne peut pas décider de ce qui est moral ; que le légal ne peut être confondu avec le moral. Les chrétiens ont aussi un devoir de ne pas déserter le domaine politique.

C’est pourquoi la manifestation du dimanche 16 octobre à Paris sera l’occasion de montrer notre attachement à une politique s’opposant aux dérives anti-famille.

Nous rappellerons avec tous les Français de bonnes volonté que l’honneur du politique est de protéger le faible, que la société est là non pas pour favoriser l’hyper-individualisme mais pour protéger la famille et que chaque enfant doit bénéficier de l’altérité sexuelle de ses parents.

 

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