PMA sans père : nouvelle lettre aux députés

Monsieur le député,

Je me permets de vous écrire au sujet de loi dite de bioéthique. Comme vous le savez, on y traite de deux thématiques (au moins !) : d’une part une révolution de la filiation et d’autre part de mesures liées aux techniques relatives à la génétique et à la manipulation des embryons comme matériaux de laboratoire

Sur le premier thème, celui de la « double filiation maternelle » fondée sur un acte notarié, il s’agit d’une « rupture anthropologique majeure » (cf. l’Académie de Médecine). Les promoteurs de la PMA sans père ne s’en embarrassent pas et tiennent un discours spécieux : « il n’y a pas de droit de l’enfant à avoir un père et heureusement ! » (dixit Jean-Louis Touraine) et caricaturent leurs opposants : « l’absence du père est le seul argument qu’on essaie de mettre en avant. Sauf qu’on a de plus en plus de familles monoparentales où le père est absent [et il y a un] moment où l’enfant est entouré d’amour et est bien élevé. Des fois, un père violent ou alcoolique, ce n’est pas mieux, c’est même pire » (sénateur Alain Milon). Mais, un texte de loi ne doit pas être fondé sur des considérations subjectives sur « l’amour » dont serait entouré ou non l’enfant, mais se référer au bien commun et notamment le droit de l’enfant. L’absence de père dans les familles monoparentales provenant des aléas de la vie ne peut être comparé à un refus délibéré par la mère de toute paternité, et cela dès avant la naissance. Le père peut être absent ou défaillant, son existence rappelle en creux que la mère n’est pas la seule à l’origine de la vie de l’enfant ; le nier revient à affirmer que la paternité est superfétatoire.

Ainsi, une vérité arbitraire sera imposée à l’enfant : après lui avoir dit pendant toute sa petite enfance qu’il a une maman-1 et une maman-2, il faudra lui avouer qu’il existe aussi un donneur de sperme. Sur la levée de l’anonymat de celui-ci, il y a d’ailleurs une totale duplicité du gouvernement puisque son éventualité a été explicitement rejetée lors de la discussion de l’article 3°.

Dans cette logique du droit à l’enfant, il est clair que dans 5 ans ou 10 ans au plus, nous aurons la GPA : c’est une tromperie de la part du gouvernement que d’affirmer le contraire. Vous le savez, les Français estiment à 83 % être d’accord avec l’affirmation « chaque enfant a le droit d’avoir un père ».

Concernant le deuxième thème de la loi, ils ne sont pas favorables (à 82 %) à ce que « les chercheurs soient autorisés à créer des embryons animaux chimériques » (sondage IFOP du 2 octobre 2019). Enfin, les conditions de discussion à l’Assemblée sont un déni de démocratie : face à des propositions complètement transgressives, le président Ferrand et J.-L. Touraine avec l’appui de Gilles Legendre s’emploient à museler les opposants.

C’est pourquoi, je vous prie de bien prendre en compte tous les aspects néfastes de ce texte et de voter contre celui-ci, sans prendre en considération les oukases du milieu médiatique parisien.

Il me semble que lors des prochaines législatives un des critères de choix de vote des Français sera la position de leurs élus sur ce projet de loi. Je vous prie d’agréer …

°Dans la longue rédaction de l’article 3, on lit une courte mention « le médecin recueille l’identité du tiers donneur ainsi que les informations non identifiantes le concernant », mais il n’est absolument pas supposé qu’il y ait une vérification de l’identité du donneur.

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