Réponse à un député de notre département concernant la légalisation de l’euthanasie.
Monsieur le Député, nous regrettons la position que vous vous apprêter à prendre (voir ci-dessous cette position). Avec la légalisation de l’euthanasie c’est la confiance entre l’entourage du malade et le médecin qui va être ébranlée.
Chacun sait que les « mécanismes de contrôle institutionnel » pour préserver la liberté de conscience seront insuffisants pour rétablir cette confiance (et d’ailleurs il est envisagé un possible « délit d’entrave » – unique au monde – qui braque contre lui la totalité du monde médical)
De plus, le fait même d’appeler l’euthanasie une « aide active à mourir » montre bien que l’on entre dans un processus de banalisation de cette dernière – ce qui est encore manifeste avec l’amendement voté le 19 février mettant l’euthanasie sur le même plan que le suicide assisté. Les « critères et conditions d’accès » ainsi que « les modalités d’administration » n’éviteront pas les dérives comme cela se voit en Belgique et au Canada. Par ailleurs qui décidera du caractère « insoutenable » des souffrances subies par un malade.
Conscient de la gravité de la brisure de la relation de confiance entre le malade, sa famille et ses médecins, le Conseil de l’Ordre des médecins a d’ailleurs mis en garde le gouvernement : la pratique de chaque médecin en sera profondément bouleversée (on sait qu’en Belgique et au Canada c’est déjà le cas).
Cette légalisation provoquera aussi de profondes ruptures dans chaque famille et une banalisation du suicide, laquelle entrainera dépression et violence systémique.
Alors que la France est en proie à une crise démographique, budgétaire et doit faire face à la montée de la violence idéologique, il est bizarre que certains députés ne voient rien de plus urgent que de légiférer sur un sujet qui relève de l’intime et dans lequel l’Etat n’a pas à s’immiscer si ce n’est en répétant les grands principes du respect de la vie humaine.
Et enfin, pourquoi cette précipitation à vouloir faire passer cette loi ?
Chroniqueur 92 Sud
Position de Monsieur Mongardien, député de la 13° circonscription (reçue via son attaché parlementaire le 17 février).
« Monsieur le député est, pour sa part, favorable au développement d’une aide active à mourir, dès lors que celle-ci est strictement encadrée, tant dans ses critères et conditions d’accès que dans ses modalités d’administration, afin d’éviter toute dérive.
La proposition de loi relative à la fin de vie prévoit, dans ses articles 4 à 13, un encadrement précis des conditions d’éligibilité au dispositif d’aide à mourir ainsi que des modalités d’administration de la substance létale. Son objectif est d’assurer une fin de vie digne, tout en instituant des garde-fous destinés à prévenir d’éventuels abus.
Par ailleurs, le texte que l’Assemblée nationale s’apprête à examiner prévoit notamment une clause de conscience pour les médecins, ainsi que l’intervention d’une commission indépendante chargée du contrôle et de l’évaluation de l’aide à mourir. Cette proposition de loi vise ainsi à établir un équilibre entre la dignité de la personne, le respect de la liberté de conscience et ce, notamment par l’existence de mécanismes de contrôle institutionnels.
Si cette loi venait à être adoptée, l’ensemble de ses dispositions garantirait que l’aide à mourir ne constitue ni une procédure inconditionnée ni une pratique systématisée, mais bien la reconnaissance d’un droit pour les personnes qui souhaiteraient y recourir afin de ne plus subir de souffrances insoutenables. […] »