La révolution dans le droit de la filiation : individualisme libertaire et mensonge.

Une des raisons principales de notre opposition à cette loi est que l’on est conduit au mensonge et que l’on ment à l’enfant qui sera privé délibérément de père ( » l’une et l’autre de ces deux femmes seront mères toutes les deux sans distinction et sans hiérarchie » selon l’aveu de Madame Belloubet).

Un rappel historique sur la façon dont on est arrivé à cette « révolution de la filiation » peut être utile à sa compréhension. Le cheminement dans l’opinion de la filiation pour les couples homosexuels commença avec le vote de la loi sur le PACS qui fut préparé dès les années 1995 par des campagnes de presse, rappelle le spécialiste des sondages d’opinion Jérome Fourquet, dans L’archipel français – en lien avec ce qu’il appelle la « dislocation de la matrice catholique ». Ce vote permit de relancer de nouvelles campagnes pendant une dizaine d’années (cf. la Une de L’Express sur « l’homoparentalité » fin 1999). L’adhésion à l’adoption par des couples gay passa ainsi de 33% à 57 % entre 1996 et 2011. Vint ensuite la loi Taubira qui fut le marqueur de l’imminence d’un « point de rupture – la société menaçant de basculer dans un univers totalement affranchi de certains fondements spirituels centraux » ; puis de nouvelles campagnes médiatiques pour une loi sur la « double filiation maternelle ». Dès l’adoption de celle-ci, les médias reprendront la promotion de la GPA déjà commencée (cf. la Une de Paris-Match en octobre 2018 consacrée aux pionniers de ces contrats iniques).

Cette chronologie montre l’emprise de l’individualisme libertaire sur le monde médiaco-politique. Cette idéologie se caractérise par l’injonction qui est faite de satisfaire les droits de tous les individus s’estimant discriminés ou brimés (ceux qui « sont en souffrance », la société doit les reconnaître en légiférant !). La seule limite à la satisfaction de ces revendications étant d’affirmer que « l’on n’empiète pas sur la liberté de l’autre ». Mais ce slogan est en fait interprété de la façon la plus laxiste possible, car on ne s’embarrasse pas de la liberté de ceux qui ne s’expriment pas : l’enfant ou le plus faible. Leur protection qui était la marque de la « matrice catholique » devient anecdotique et triomphe alors la loi du plus fort, imposée par le lobby le mieux introduit dans les médias.

En fait, l’enfant sera la victime du mensonge de l’Etat, car une vérité arbitraire lui sera imposée qui lui fera croire qu’il a deux mères interchangeables. Selon l’Académie de Médecine, « la conception délibérée d’un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure qui n’est pas sans risques pour le développement psychologique et l’épanouissement de l’enfant ». Celle-ci ne peut en aucun cas être comparée à l’absence de père provenant des aléas de la vie, la mère n’ayant en effet pas voulu évacuer le père délibérément avant la naissance.

Mensonge enfin de la part de la majorité parlementaire de faire croire que la filiation fondée sur un acte notariée (avec la PMA sans père) ne conduira pas à la GPA.

Il est de notre devoir de mettre en garde les députés contre l’engrenage dans lequel ils engagent la société. Sera-t-il encore possible de respecter des lois édictées par le politique quand (pour reprendre les mots du cardinal Ratzinger en 2002) sont bafoués « les principes éthiques qui, en raison de leur nature et de leur rôle de fondement de la vie sociale, ne sont pas négociables » ? Car le chemin de la démocratie « n’est possible que dans la mesure où il est fondé sur une juste conception de la personne ».

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