Un de nous et la Commission européenne

drapeau européen déchiréLorsque 400 femmes signent une pétition exigeant l’accès à la PMA pour les lesbiennes avec un vocabulaire convenu (droits des lesbiennes à « fonder une famille », danger « pour leur santé en raison de l’exclusion à laquelle elles sont condamnées »), les grands médias se précipitent pour soutenir ce lobby. Mais lorsque qu’il s’agit de la pétition « One of us », signée par près de deux millions de personnes en Europe, ces mêmes médias se font très discrets et ils ne mentionnent le veto émis par les Commissaires européens que pour s’en féliciter.

Or lesdits commissaires ont attendu avec cynisme le dernier moment, trois jours après les élections au Parlement, pour interdire à celui-ci de débattre de cette initiative. Il est clair que si ce veto avait eu lieu avant le vote, la Commission aurait donné un argument de plus aux euro-sceptiques sur le caractère non-démocratique du système.

Le Parlement est donc privé de son droit à contrôler l’utilisation de l’argent public européen. Pour avoir une idée de la mauvaise foi des commissaires, il faut lire leur communiqué du 28 mai 2014 :

 Après avoir rencontré les organisateurs, la Commission a décidé de ne pas soumettre de proposition législative étant donné que les États membres et le Parlement européen viennent seulement de débattre et décider de la politique de l’Union dans ce domaine. Par l’initiative, les citoyens signataires demandaient à l’Union de mettre fin au financement des « activités qui impliquent la destruction d’embryons humains, en particulier dans les domaines de la recherche, de l’aide au développement et de la santé publique ». … La Commission a conclu à l’adéquation du cadre de financement en vigueur, récemment examiné et adopté par les États membres de l’UE et par le Parlement européen.

L’argument est renversant : comme « les Etats membres » (en fait la Commission) et le Parlement ont débattu récemment de ce sujet, la Commission refuse qu’une nouvelle discussion ait lieu : aurait-elle peur du nouveau Parlement ? Il faut dire que les fonds européens visés par l’initiative sont très importants et visent deux domaines : les programmes de recherche utilisant des cellules embryonnaires et les subventions aux lobbys promouvant les « services de santé génésique » dans les pays en développement.

Concernant le premier domaine, l’Europe a alloué 157 millions d’euros sur 4 ans pour les projets de recherche utilisant des cellules souches embryonnaires humaines, ceux-ci n’ont donné lieu à aucune avancée thérapeutiques alors que les recherches utilisant les cellules souches adultes (dites IPS obtenues par reprogrammation selon les travaux de Yamanaka, prix Nobel 2012) conduisent à des réelles applications médicales. De plus « l’interdiction du financement de la destruction d’embryons » évoquée par le communiqué (voir annexe) et l’utilisation des cellules souches embryonnaires comme matériau de laboratoire est une contradiction dans les termes.

Concernant le financement les « services de santé génésique », des centaines de millions d’euros sont distribués pour les « soins de santé en matière de procréation » et pour « la planification familiale ». En fait ces fonds sont donnés en grande partie au lobbys liés au très puissant Réseau européen du Planning Familial international, IPPF-EN. Et l’on sait que cette organisation (que ce soit en France comme en Europe) parle de contraception mais encourage les pilules abortives et l’avortement à tous les stades de la grossesse. On est encore en pleine contradiction.

Les lobbys peuvent encore agir confortablement grâce à la complicité de la Commission. Quant à nous, nous soutenons ceux qui vont faire appel de cette décision anti-démocratique. Comme la vie humaine commence dès le stade de l’embryon, nous ne cessons d’affirmer que ce dernier doit être protégé.

Rémi Sentis

Annexe. Extraits de l’argumentaire de la Commission.

Pour la question des cellules embryonnaires, Mme Geoghegan-Quinn, commissaire chargée de la recherche, de l’innovation et de la science déclare:

«Les États membres et le Parlement européen ont convenu de poursuivre le financement des activités de recherche dans ce domaine pour les raisons suivantes. Les cellules souches embryonnaires sont uniques et offrent la possibilité d’élaborer des traitements pouvant sauver des vies, pour lesquels des essais cliniques sont déjà en cours. La Commission continuera à appliquer les règles éthiques strictes et les restrictions auxquelles sont soumis les travaux de recherche financés par l’UE, notamment l’interdiction du financement de la destruction d’embryons

Concernant les services de santé génésique, le commissaire européen chargé du développement, M. Andris Piebalgs, a déclaré:

« Les complications liées à la grossesse et à l’accouchement sont à l’origine, aujourd’hui encore, du décès de trop nombreuses femmes. C’est pourquoi la communauté internationale a fait figurer parmi les objectifs pour le développement un objectif spécifique consistant à réduire la mortalité maternelle et à offrir un accès universel aux services de santé génésique. L’Union, ses États membres et d’autres donateurs internationaux, qui ne ménagent pas leurs efforts pour y parvenir, ont fait de cet objectif et, plus généralement de la santé, une priorité. Nos programmes de développement dans ce domaine visent à étendre l’accès à des services efficaces de planification familiale et, partant, à éliminer la nécessité de pratiquer l’avortement ».

 

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