Le vocabulaire biaisé utilisé dans l’affaire Vincent Lambert

Dans l’affaire Vincent Lambert, on peut voir l’AFP (l’agence de presse la plus importante d’Europe) – et de nombreux journaux à la suite – utiliser un vocabulaire biaisé. Grâce cette méthode classique, les journalistes entendent peser sur l’opinion pour l’orienter dans le sens de ce qu’ils appellent le Progrès.
Ainsi, le 20 mai à 18 h 05, sur le site de l’AFP dans un texte intitulé « Comment va se passer l’arrêt des traitements de Vincent Lambert ? », on pouvait lire

« Comment arrête-t-on les traitements ? Les médecins vont arrêter la nutrition et l’hydratation artificielles qui sont prodiguées à Vincent Lambert […] tout en mettant en oeuvre une sédation profonde et continue jusqu’à sa mort. Cette procédure est encadrée par la loi Claeys-Leonetti, [… elle] est « une mesure de précaution » pour être sûr que le patient ne souffre pas ».

1. Le mot « traitements ».
L’alimentation et l’hydratation des personnes handicapées qui sont des soins deviennent, pour les médias, des « traitements » sous prétexte qu’ils sont effectués par voie entérale.
2. Le mot « arrêt ».
On utilise ce mot, alors que le processus qui avait été mis en place était au contraire un début, celui d’une sédation profonde terminale.
3. « La précaution » et l’invocation d’un texte de loi.
En référant à un texte législatif (« C’est une application exemplaire de la loi Claeys-Leonetti, qui interdit l’acharnement » écrit l’AFP), on n’hésite pas à biaiser l’analyse, car dans la loi mentionnée, la possibilité de sédation profonde et continue est envisagée à condition qu’il s’agisse de « soulager une souffrance réfractaire » ou qu’il y ait « une obstination déraisonnable ». Or dans le cas de Vincent Lambert, il n’y a ni l’un ni l’autre. De plus, en enjolivant le discours avec un mot à la mode – la précaution – on en vient à justifier ce qui ne cadre plus avec la morale commune.

Enfin, pour bien caricaturer la position des milieux catholiques, l’AFP écrit :

Vincent Lambert va-t-il mourir de faim et de soif ? C’est l’argument des opposants à l’arrêt des traitements soutenus par des associations catholiques. Cela est réfuté par les spécialistes des soins palliatifs [… selon lesquels] Vincent Lambert n’aura ni faim ni soif, il va mourir naturellement en quelques jours.

Certes, étant sous un très puissant anesthésique il n’aurait pas eu soif, mais le point est que le médecin l’aurait fait entrer délibérément dans un processus mortifère. Grace à ce vocabulaire biaisé, le milieu médiatique sous-entend qu’il est loisible de supprimer délibérément des personnes qui sont dans un état considéré comme indigne de notre humanité « autonome ». C’est une véritable culture du déchet que l’on essaye de propager au sein de l’opinion publique.

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